Après le tournage, il y a deux semaines, nous avons travaillé sur le tracking durant la KTarWeek. Nous avions déjà fait quelques tests avec le cockpit auparavant qui s’étaient tous montrés infructueux… il nous manquait la technique.

Récemment, nous avons réussi notre premier tracking dans un test de couloir. Mais en appliquant la même méthode pour le cockpit, ça ne fonctionnait pas tellement.

Quelles ont été les techniques à adopter? Comment avons nous réussi ce prodige?

Le tournage est primordial

Comme souvent dans les effets spéciaux, le tournage conditionne la qualité de ce qui est produit derrière. On croit souvent que même si c’est « pas gégé » on arrivera à rattraper derrière avec les effets numériques, ça nous donne un général un FATAL ERROR tonitruant. Donc là on s’est dit, ce coup ci on met le paquet! On règle bien la caméra et on ne filme pas en entrelacé. Idée judicieuse, c’est l’expérience douloureuse qui parle.
On fera un billet d’ici peu pour vous montrer l’envers du décors lors de cette après midi de tournage!

Le Motion Tracking est ton ami

Ah!!! Que de chemin parcouru depuis les premiers tests foireux…
Déjà avec l’installation des nouveaux points de repères verts. Quoi? Vert sur fond vert? Oui, mais la nuance de vert est telle que le tracking de ces points fonctionne (même mieux que nos anciens points de repère bleus beaucoup moins lumineux), mais aussi ils sont relativement simples à effacer lors de l’incrustation, c’est la solution miracle.
Nous avons utilisé diverses méthodes pour le tracking :

  • Nous avons d’abord utilisé le tracking automatique… qui est arrivé à un cuisant échec.
  • Ensuite, la méthode traditionnelle où on a tenté de faire le suivi d’un maximum de points. Cependant, le nombre de point étant très important, le logiciel avait du mal à fournir une solution adéquate autour du cockpit alors que c’est précisément à cet endroit qu’il faut que le tracking soit « parfait ».
  • Finalement, nous avons adopté une dernière méthode dite de « l’élastique » où nous avons seulement fait le suivi des points significatifs du cockpit. Nous avons réalisé un modèle low-poly du cockpit reprenant les dimensions précises du cockpit réel. Ensuite, dans le logiciel de tracking, nous avons pu lier les points suivis avec les points du modèle 3D. Et là oh joie! La solution de la caméra virtuelle était presque correcte. On a juste eu une image qui était complètement décalée vis à vis du mouvement réel de la caméra. On a donc lissé le mouvement manuellement sur cette image.

La liaison des points trackés au modèle low-poly importé dans Matchmover.

Le merveilleux monde de l’incrustation (ou presque!)

Autant avant on supprimait l’ombre, maintenant on essaye de la garder car on s’améliore mine de rien. Seul petit point de détail, il vaut mieux éviter de mettre des points de marquage dans les zones d’ombres que l’on veut récupérer, on a eu des effets d’ombres foncées et juste claires au passage sur un marqueur. A éviter donc.

Le Motion Tracking est bientôt ton meilleur ami!!

Bien que nous soyons satisfait de notre tracking, nous avons quelques pistes d’amélioration pour nos futurs essais :

  • Filmer sous d’autres angles la scènes : ceci apporte des informations complémentaires pour résoudre le mouvement de la caméra 3D.
  • Placer judicieusement les points de repères pour avoir plus de parallaxe, moins de problèmes dans les ombres, etc…

La vidéo Making Of!

Croquis

Pour réaliser les plans des pilotes en action dans leur cockpit, nous avons fabriqué le cockpit réellement.

Plusieurs mois de travail et d’effort ont été nécessaires. Voici quelques images depuis la conception jusqu’à la réalisation.

C’est en partant du croquis de base que nous avons assemblé des morceaux de contreplaqués et des lames de parquet flottant visées sur une structure primaire. Après un petit tour à la casse, nous avons récupéré différents éléments de vieux moteur ou de tableau de bord de camions. Les guirlandes de noël fond office de voyants lumineux et une bonne couche de peinture grise donne encore un peu plus de réalisme à l’ensemble.

La structure est réalisée en plaques de bois aggloméré.

Le cockpit est démontable en 4 modules indépendants: les faces avant et arrière ainsi que les panneaux latéraux.

Les tasseaux de bois cachent la jonction entre les différents modules.

Le futur tableau de bord.

Les écrans de contrôle font leur apparition.

Avec une couche de peinture, le décor prend forme.

Mise en place des différents éléments récupérés de la casse auto.

La difficulté est de trouver la bonne place des objets. C'est un travail de composition.

Et encore plus de bidules.

Les modules composant le cockpit sont maintenant posés sur une plateforme montée sur roulettes.

Les zones vertes délimitent l'emplacement des écrans qui seront incrustés en phase de post-production. La couleur verte permettra le détourage des éléments filmés lors de l'incrustation.

Un joystick posé sur une caisse à outils retournée fait office de manche.

Cockpit du chasseur Hasel52 utilisé pour le projet MAT

Le cockpit a été fabriqué avec peu de moyens, presque tous les objets le composant ont été récupérés dans des casses automobiles et les fonds de tiroirs.

Tuyau de sèche linge

Voyants récupérés sur un vieux camion

Avant l'invention de l'ordinateur il y avait : Les Tableaux planning

Morceau de plastique de voiture

Vumétre de chaine stéréo

Pied de table basse

Poignée de tuyau d'arrosage

Bouton de tableau de bord de camion

Guirlande de Noël dérobée honteusement à sa fille

Capot de filtre à air et durite

Ceinture de sécurité et siége de Renault 25

Cadran de camion

Voyant de tableau de bord de camion

vieille batterie